Jean de LA FONTAINE (2)

par Yves Vianney

publié dans LA FONTAINE ET SES FABLES , Monsieur Maucroix , Prologue de Psyche , Prosateur , La Fontaine , Fables , Discours , Fouquet , Jean de La Fontaine

Jean de La Fontaine, le plus populaire des écrivains classiques, est notre grand fabuliste. Il avait presque cinquante ans quand il commença à écrire ses fables.
Né à Château-Thierry (1621), il vécut d'abord, jusqu'à trente-six ans, en Champagne. Après avoir fait son droit, en effet, il s'était marié avec la fille du lieutenant-criminel de la Ferté-Milon, Marie Héricart (1647), et un peu plus tard il avait succédé à son père comme maître des eaux et forêts du duché de Château-Thierry (1652). Entre temps, il s'exerçait à écrire, et un jour il se hasarda à publier une imitation, en vers, d'une comédie latine de Térence (1654).Jean de La Fontaine
Ses premiers essais lui valurent bientôt d'être présenté par le procureur général Jannart, oncle de sa femme, au surintendant des finances Fouquet, grand ami des lettres et des arts (1657). Celui-ci lui offrit une pension annuelle de mille livres, et il devint ainsi un des poètes attitrés du château de Vaux-le-Vicomte, écrivain pour son protecteur des épîtres, des madrigaux, des ballades ou des poèmes plus étendus.
Après la disgrâce de Fouquet (1661), en faveur de qui il eut le courage d'intervenir, la duchesse de Bouillon s'occupa de lui, et, grâce à son entremise, il entra au Luxembourg comme gentilhomme de la duchesse douairière d'Orléans (1664). Il se lia alors avec Boileau, Racine, Molière, qui devinrent ses amis intimes, et il publia son premier recueil de Fables, c'est-à-dire les livres I-VI (1668), qu'il dédia au Grand Dauphin, fils de Louis XIV, à peine âgé de sept ans.
A la mort de la duchesse d'Orléans (1672), il fut recueilli par Mme de La Sablière, dont il a si souvent célébré l'intelligence et la générosité, et chez qui il devait vivre, rue Neuve-des-Petits-Champs ou rue Saint-Honoré, pendant plus de vingt ans. Il était déjà depuis quelques années son protégé quand il publia son second recueil de Fables, c'est-à-dire les livres VII-IX (1678), dédiés à Mme. de Montespan, auxquels il ajouta plus tard un XIIe livre (1694), dédié au duc de Bourgogne, fils du Grand Dauphin.
A la mort de Mme. de La Sablière (1683), il avait trouvé un asile chez M. et Mme. d'Hervart, dans leur hôtel de la rue de la Plâtrière, où il mourut en 1695.
 
ELEGIE POUR M. FOUQUET (1662)
 
La Fontaine avait vécu chez Fouquet, à Saint-Mandé et à Vaux, de 1657 à 1661. Il lui avait dédié son poème d'Adonis. Dans une lettre à Maucroix, il a rendu compte des fêtes données pour le Roi, au château de Vaux, en 1661, et où Molière joua l'Ecole des Maris et les Fâcheux. Après la disgrâce et l'arrestation du surintendant, il lui resta fidèle. La Fontaine, dans cette pièce, désigne Fouquet sous le nom d'Oronte.
 
 
DISCOURS A MADAME DE LA SABLIERE (1685)
 
La Fontaine était l'hôte de Mme de La Sablière depuis 1671. Il lut ce discours, à l'Académie française, à la fin de la séance où il fut reçu Académicien. Cette lecture dissipa l'impression fâcheuse produite par la réponse du Directeur, l'abbé de la Chambre, qui avait cru devoir sermonner La Fontaine un peu sévèrement.
 
 
EPITRE à MONSEIGNEUR L'EVEQUE DE SOISSONS (1687)
En lui donnant un Quintilien de la traduction d'Horatio Toscanella.
 
Huet (1630-1721), évêque de Soissons, devint plus tard évêque d'Avranches. Ami intime de La Fontaine, il prit une part active à la querelle des Anciens et des Modernes. C'était un lettré et un érudit, et il avait été le collaborateur de Bossuet dans l'instruction du Grand Dauphin. Cette épître peut être considérée comme un document relatif à la querelle des Anciens et des Modernes. On la comparera aux Réflexions sur Longin, de Boileau.
 
 
LA FONTAINE prosateur
 
PROLOGUE DE PSYCHE (1669)
 
Psyché, poème mêlé de prose, publié en 1669, est précédé d'un prologue, où La Fontaine se met en scène avec trois amis. Il se désigne lui-même sous le nom de Polyphile (celui qui aime tout) ; Racine, c'est Acanthe (la feuille d'acanthe a des piquants, allusion probable au caractère susceptible de Racine) ; Boileau, c'est Ariste (le meilleur ; Ariste est le nom des raisonneurs de Molière). Quant à Gélaste (le rieur), on ne sait si c'est Molière (qui depuis 1665 était brouillé avec Racine), ou Chapelle (1626-1686), écrivain de beaucoup d'esprit, ami de Boileau, de Racine et de La Fontaine, épicurien notoire, qui collabora aux Plaideurs, et qui reste connu par le Voyage en Provence et en Languedoc qu'il a publié avec Bachaumont, 1656.
 
                      
LETTRE A MONSIEUR DE MAUCROIX (1695)
                      
Cette lettre fut écrite par La Fontaine, le 10 février 1695, à son ami Maucroix, chanoine de Reims. Le poète devait mourir le 13 avril.
 
                          Exposé écrit en Novembre 2011, merci de votre lecture...
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