LES DÉBUTS DE LA RÉVOLUTION EN FRANCE
DE LA REUNION DES ETATS GENERAUX AUX JOURNEES D'OCTOBRE 1789
I - Du 5 mai au 14 juillet 1789
1) Les élections aux Etats Généraux donnèrent lieu à la rédaction de cahiers de doléances, qui sont des documents précieux sur l'état de la France en 1789. Les élus se partagèrent entre le parti des Privilégiés et celui des Réformateurs ou Patriotes.
2) La question du vote par ordre ou par tête déclencha le conflit des Ordres. Le 17 juin la représentation du Tiers se proclama Assemblée nationale.
3) Après le serment du jeu de Paume, l'Assemblée nationale entra en conflit avec le roi à la séance du 23 juin. Elle eut le dernier mot et devint, le 9 juillet, l'Assemblée constituante.
II - Du 14 juillet aux journées d'octobre
1) La journée du 14 juillet, simple émeute parisienne, eut des conséquences considérables (capitulation du roi - formation des municipalités et des gardes nationales - première émigration).
2) La Grand-Peur fut l'occasion d'une révolution agraire et paysanne.
3) La nuit du 4 août consacra la fin de l'Ancien régime social.
4) Les 5 et 6 octobre, une colonne d'émeutiers parisiens se rendit à Versailles et ramena le roi à Paris.
UN JUGEMENT SUR LOUIS XVI
L'auteur est le comte de Saint-Priest, Secrétaire d'Etat à la Maison du roi et ministre de Paris jusqu'à la fin de l'année 1790, qui avait vainement conseillé au roi la fermeté lors des journées du 5 et 6 octobre.
" Selon moi il ne méritait ni tant de blâme ni tant d'éloge. Le fond de son caractère était la faiblesse et on a vu qu'elle pouvait l'entraîner à agir contre sa persuasion et sa conscience. Il a dit plusieurs fois pendant la Révolution : "Je finirai comme les rois faibles ; je serai assassiné." Son caractère avait d'assez grands rapports avec le roi d'Angleterre Charles Ier... On a souvent dit que Louis XVI avait une très bonne judiciaire (= un très bon jugement) et s'il se fût décidé d'après son propre avis, il aurait mieux gouverné. Ce que je puis dire, c'est que pendant deux ans révolus que j'ai siégé dans son conseil d'Etat, je ne lui ai jamais entendu émettre une opinion. Il n'était pas rare de l'y voir dormir ; sa faiblesse le déterminait d'avance pour l'opinion du ministre prépondérant ; de mon temps c'était Necker... Les autres ministres pouvaient opiner librement mais sans effet s'ils n'étaient pas d'accord avec celui qui dominait le Conseil...
Le Roi trouvait presque commode qu'on dût s'en prendre à d'autres qu'à lui sur les résolutions qui émanaient de son Conseil... Je lui ai entendu dire, à propos d'une démarche qui avait été blâmée par l'Assemblée Nationale : " Cela n'est pas de moi mais des ministres."
A vrai dire Louis XVI n'avait aucune bonté réelle que celle qui tient de la faiblesse... Il voulait le bien de l'Etat, sans doute ; et ce pouvait-il être autrement, puisque c'était vouloir le sien propre, mais il le voulait sans se déranger en rien pour l'opérer. Il ne se donnait aucun soin pour plaire, ni pour encourager, ne disait rien à personne qui marquât de l'estime ou de l'improbation, n'attirait auprès de lui aucun homme de mérite et s'accomodait des courtisans bons ou mauvais. Il ne faisait accueil à aucun des étrangers qui lui étaient présentés ; il était rare qu'il leur dît un seul mot. Jamais homme moins propre pour régner, quoiqu'il eût pu être utile dans d'autres situations que celle d'un roi, car il était fort instruit en littérature, possédait plusieurs langues, avait des connaissances astronomiques et surtout géographiques pratiques assez étendues ; c'est lui-même qui avait dressé les instructions du malheureux La Pérouse ; il savait assez bien la serrurerie et s'en amusa quelquefois. Toutes ces occupations absorbaient son temps lorsqu'il n'était pas à la chasse ou au Conseil. Il ne savait pas étudier les hommes, première science des rois."
Document : Comte de SAINT-PRIEST, Mémoires

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